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Simona Franker, ambassadrice d’Israël en Belgique et au Luxembourg était invitée de l’émission «C’est pas tous les jours dimanche» diffusée sur RTL Belgique. On a eu droit à tous les éléments de langage du gouvernement Netanyahu : on veut discuter la paix mais les Palestiniens doivent accepter que c’est comme ça, que Jérusalem et notre capitale !

Lorsque le journaliste Christophe Deborsu lui demande ce qu’il en est de Tel Aviv, Simona Franker a cette réponse hallucinante : «Ce qu’on apprend aux enfants [Tel Aviv comme capitale], c’est une fake news dans VOS livres.»

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, rappelait il y a encore quelques jours que Jérusalem comme capitale d’Israël est «contraire au droit international, à l’accumulation des textes des Nations-Unies».

La partie orientale de la ville a été annexée en 1967 par Israël lors de la guerre des six jours. Mais l’ONU avait réclamé le retrait des territoires occupés, y compris de Jérusalem-Est, dans sa résolution 242, jamais appliquée depuis mais approuvée régulièrement par la plupart des pays-membres. À l’exception notamment des États-Unis, de l’Australie et d’Israël.

Carte Jérusalem - ThePrairie.fr !

Lorsque le journaliste demande ensuite si on peut imaginer «Jérusalem-Est capitale de la Palestine», la réponse fuse : «Je ne crois pas que Jérusalem-Est sera la capitale d’un pays palestinien.»

Toute la contradiction de la politique israélienne : on veut négocier mais on continue à coloniser des territoires. On veut négocier mais Jérusalem-Est ne sera pas la capitale de la Palestine. On veut négocier mais il faut accepter qu’on a décidé que Jérusalem serait notre capitale.

«C’est moi qui dit qui qui rentre et qui qui rentre po !», comme dirait un humoriste…

Un argument convoqué par les israéliens réside dans le fait qu’il y a 3000 ans, le roi David l’aurait décidé«Il y a nos lieux saints là», affirme l’ambassadrice. «Vous dites effectivement que c’est depuis le roi David», ajoute Christophe Deborsu.

L’un des chroniqueurs de l’émission, Michel Henrion, lui explique alors pourquoi elle « instrumentalise l’histoire pour une démonstration qui ne tient pas debout» : «Je trouve votre position totalement absurde. Lorsque vous dites que le roi David a décidé il y a 3000 ans que Jérusalem était notre capitale, c’est un discours de guerre des religions. C’est profondément réactionnaire parce que vous niez l’essentialisme de l’histoire, c’est à dire le droit aux peuples à une auto-détermination. C’est presque colonialiste. […] Il y a 3000 ans, il y avait l’empire romain. Avec votre raisonnement, il faudrait que la capitale de l’Europe se situe à Rome.»

Comme le dit le député Richard Miller présent sur le plateau, «le peuple palestinien peut lui aussi faire référence à l’histoire et mettre en avant des événements historiques pour prétendre à Jérusalem Est».

Cette ambassadrice nous montre simplement qu’il est impossible de négocier une paix avec le gouvernement israélien actuel pour une raison très simple : la négociation se fait en se basant sur ce qu’a voulu un roi il y a 3000 ans…

L’intégralité de l’émission est disponible sur ce lien.



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