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Il y a quelques jours, on partageait sur un compte facebook un montage plutôt provocateur…

– Se couvrir la bouche et le nez : 150 euros d’amende
– Ne pas se couvrir la bouche et le nez : 135 € d’amende

Vous avez deux heures !


Sauf que d’un point de vue culturel en France, ce n’est pas que de la provocation et la question des masques n’est pas anodine comme l’explique le directeur du laboratoire d’anthropologie sociale du CNRS, Frédéric Keck, interviewé par Europe1.

A la différence des pays asiatiques, les Français sont peu habitués à se couvrir le visage de cette façon. « Le port du masque chirurgical  dans l’espace public comme un signe de protection contre une pandémie de maladie respiratoire a été inventé par un médecin chinois formé à Cambridge en 1910 pour contrôler la peste pneumonique en Mandchourie », explique le chercheur. Il a prouvé son efficacité contre la pneumonie de peste.

Un médecin français qui refusait d’y croire est même mort de cette maladie.

En Chine, le masque permettait aussi de « se distinguer du chinois représenté comme sale, crachant », note le chercheur. C’est surtout à partir de la crise du SRAS de 2003 que le masque s’est développé dans certains pays d’Asie comme outil de protection pour « protéger les autres quand on ressentait des symptômes » et aussi comme « une volonté de se protéger de la pollution de l’air », précise Frédérick Keck. Le masque est alors progressivement devenu un outil de « solidarité collective ».

En France, nous sommes bien loin de ces considérations. L’anthropologue l’explique par les caractéristiques du pays : « la nécessité pour les citoyens de se présenter à visage découvert ».

En français, le masque porté par des aristocrates et celui chirurgical sont désignés par le même terme à la différence du chinois où ce sont deux mots différents. « Le fait qu’on ait le même mot en français pour désigner deux techniques très différentes pour se voiler la face est tout à fait révélateur d’une continuité en France qui n’existe pas en Chine« , interprète l’anthropologue.

Il ajoute qu’en janvier, au début de l’épidémie, des touristes chinois qui en portaient un dans la rue, se voyaient parfois demander de le retirer par les forces de police. « En France on ne porte pas de masque ni de voile dans l’espace public. Si nous sommes encouragés, et je n’espère pas contraints, à porter le masque, je crois que ça sera une vraie révolution dans l’espace public en France », conclut-il. 



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