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La Convention de Genève c’est quoi

Quand deux Etats sont en guerre, le statut des prisonniers de guerre est régi par la Convention de Genève de 1929

Elle pose «le principe général selon lequel les captifs doivent être traités, en tout temps, avec humanité» et doivent «être notamment protégés contre les actes de violence, les insultes et la curiosité publique». Il est en outre «interdit d’exercer des représailles contre eux».

Le Comité international de la Croix rouge liste les points dont traite cette convention : 

  • les conditions dans lesquelles doivent être effectuées la capture et l’évacuation des prisonniers

  • l’organisation des camps

  • la nourriture et l’habillement des prisonniers

  • les mesures d’hygiène

  • l’exercice de la religion

  • les distractions intellectuelles et sportives

  • la discipline intérieure des camps

  • les ressources pécuniaires des prisonniers

  • le travail des prisonniers

  • le courrier des prisonniers y compris les colis

  • les sanctions pénales à l’égard de prisonniers de guerre et les poursuites judiciaires

  • le rapatriement des prisonniers de guerre

Champs Elysées - ThePrairie.fr !

Champs Elysées – ThePrairie.fr !

Non, la France n’est pas en guerre !

Hier, un policier a été tué sur les Champs Elysées par un présumé terroriste et le vocabulaire guerrier est revenu à la Une. Sur twitter, le tristement célèbre journaliste du Figaro Ivan Rioufol écrivait très vite : «Rappel aux candidats : la France est en guerre».

Sauf que si on est en guerre, la convention de Genève doit s’appliquer aux prisonniers de guerre, à Salah Abdeslam et aux autres terroristes qui ont été ou pourraient être arrêtés et se réclamant de Daech. Faudrait-il les libérer après sa chute ?

Comme le disait Noel Mamere dans un article en mars 2016 : «En réalité, on crée un climat de guerre, on mime la guerre, mais on ne la fait pas», disait-il avant d’ajouter que «la guerre n’existe pas» parce qu’elle est autre chose : «Des bombardements quotidiens, des massacres de populations civiles, un changement total de nos conditions d’existence. C’est ça la guerre, le feu, le sang, la destruction. Nos anciens l’ont connue, en 1914, en 1940 et en Algérie, à partir de 1954.»

Par contre, la France doit essayer de sauver sa démocratie

En fait, depuis quelques semaines, beaucoup s’étonnent, s’offusquent même, que la campagne électorale pour les présidentielles ne parle pas des questions identitaires. Certains ont essayé de les imposer mais sans succès. 

Christophe Barbier allait jusqu’à déclarer en février dernier que «des attentats, des situations tragiques [pourraient] d’un seul coup [faire] disparaître l’affaire Pénélope et ressortir l’ancien Premier ministre [Fillon]». «La fameuse actualité régalienne», disait-il.

Et bien, c’est fait.

«Champs-Elysées, l’attentat qu’on attendait», écrit Daniel Schneidermann sur le site «Arrêt sur images». Il y revient sur l’émission «Quinze minutes pour convaincre» diffusée sur France 2. «L’attentat-de-quelques-jours-avant-la-présidentielle, celui qui va rebattre les cartes, relancer Fillon et Le Pen, c’est maintenant, on y est, le timing est trop parfait pour que ce soit autre chose», dit-il.

Macron arrive, regard «ferme dans la tempête, admirez l’homme d’Etat». Il ne faut pas se planter et Macron, il n’y connait pas grand chose en sécurité. Lui, son truc, c’est la banque, la finance.

Fillon ne s’y trompe pas. Neuf minutes de champ lexical guerrier et anxiogène.

Le Pen, elle, commence sa conclusion en disant qu’elle avait prévu de parler mondialisation mais qu’au regard des circonstances… Oui elle n’a même pas besoin de parler en fait, juste se taire et laisser faire.

Fillon exploite la tuerie des Champs-Elysées - ThePrairie.fr !

Fillon exploite la tuerie des Champs-Elysées – ThePrairie.fr !

La campagne prend désormais un nouveau virage à… 3 jours du vote.

On ne parlait pas de programme économique parce que Fillon et Le Pen nous imposaient leurs affaires judiciaires. On n’en parlera pas non plus demain. «Plus nos Etats sont impuissants à régler les problèmes quotidiens des citoyens, plus ils se concentrent sur des missions dites régaliennes, en faisant croire qu’ils assurent la sécurité des citoyens», écrivait Noel Mamere.

Entretenir un climat de peur, encore et toujours. Parler de guerre, de terrorisme.

 



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