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Philippe Poutou, l’homme aux sept punchlines : Elkrief, Fillon, Le Pen, Macron… Retour en quelques mots sur le premier débat présidentiel à 11 et la prestation du candidat du Nouveau Parti  Anticapitaliste…

Le matin même, il était sur France culture et donnait déjà le ton : «Ce soir, je serai à côté de voleurs et de menteurs, pour montrer que la politique, ça peut être autre chose».

Verdict : il a pleinement réussi. On a parlé des interventions de Philippe Poutou même à l’étranger.

Il faut dire qu’on avait envie de voir quelqu’un dire les choses clairement à Fillon et Le Pen. On s’imaginait surgir sur le plateau et lancer «Rends l’argent», rappeler à ces gens le décalage entre leurs comportements et ce qu’ils demandent aux Français. Voir notamment le candidat LR parader d’un plateau télé ou radio à l’autre accusant les journalistes, les politiques, les martiens, les illuminatis, le monde entier et mentir sans arrêt le matin pour se corriger l’après midi même était particulièrement frustrant.

Si Ariane n’avait pas pu décoller en Guyane à cause des mouvements sociaux, la fusée Poutou n’a donc elle pas raté son lancement.

Trois, deux, un, GO !

Première punchline (mini) pour les «politiciens corrompus»

Dès sa première intervention pour se présenter, le candidat du NPA attaquait les «politiciens corrompus qui se reconnaîtront [dans ce débat]».

On imaginait alors forcément qu’il parlait de Fillon et Le Pen mais on restait sur notre faim. Lors du premier débat sur TF1, Jean-Luc Mélenchon avait été plus loin en pointant la «pudeur de gazelles» de ceux qui parlaient des affaires mais n’osaient jamais citer les noms. Et donc, on espérait que Philippe Poutou allait leur dire les choses plus directement à ces «voleurs» et «menteurs».

Deuxième punchline pour Elkrief

La soirée se passe et soudain…

«Un président exemplaire, c’est quoi pour vous ?», lui demande Laurence Ferrari. «Question moralité politique, on est servi quand même depuis quelques temps», commence Philippe Poutou. Il revient d’abord sur l’affaire Dassault mais est très vite interrompu par Ruth Elkrief.

«Ce n’est pas parce que je n’ai pas de cravate qu’il faut m’interrompre», lui lance le candidat. Ouchhhh! Elle n’y reviendra pas. Il peut dérouler son argumentaire : Dassault donc, mais aussi Balkany «tout une oeuvre», «le père, le fils, tout le monde triche».

Ruth Elkrief - ThePrairie.fr !

Ruth Elkrief – ThePrairie.fr !

C’est bon, il va y aller là c’est sûr…

Fillon, viens voir un peu !

La séquence se poursuit : «Et là depuis janvier, c’est un régal. Fillon, il est en face de moi. Plus on fouille, plus on sent la corruption, la triche. En plus ce sont des bonhommes qui nous expliquent qu’il faut la rigueur, qu’il faut l’austérité et eux mêmes piquent dans les caisses publiques.»

Fillon se décompose.

Quoi dire, quoi faire. Avec Elkrief, Ferrari et les autres, c’est facile. Entre gens biens, on se comprend. On ne se dit pas des choses comme ça. Mais là, un ouvrier, un vrai qui me dit que je ne peux pas lui demander de bosser plus quand moi je file des milliers d’euros à mes enfants stagiaires pour qu’ils me remboursent leur argent de poche et des frais de mariage et à ma femme pour qu’elle tri le courrier qui arrive à la maison.

Le candidat LR essaye de calmer la fusée Poutou : «Il ne faut pas accuser comme ça». On sent qu’il a envie de lui balancer un procès…

Le Pen, elle, observe et attend. Elle grimace déjà…

Et elle a raison de grimacer parce que ça va faire mal

Elle aura droit à deux punchlines la dame : «Le Pen pique dans les caisses de l’Europe. Pour quelqu’un qui est anti-européen, ça ne gêne pas de piquer de l’argent de l’Europe. Et le pire, c’est que le FN qui se dit anti-système, se protège grâce aux lois du système, grâce à l’immunité parlementaire et donc refuse d’aller aux convocations policières.»

Le Poutou express vient de faire une nouvelle victime.

Le Pen tente une réponse. «Ah là vous l’aimez bien la police hein».

Non pas forcément en fait, mais «quand nous on est convoqué par la police, nous ouvrier, on n’a pas d’immunité ouvrière», répond Poutou. Applaudissements dans la salle.

Eh oh, je suis pas venu là pour souffrir aurait pu réagir Marine, mais faut juste se taire et attendre que l’orage passe.

Eh Macron, j’ai un truc à te dire. Punchline 6

Le débat se poursuit mais à cette heure, Poutou est couché normalement. Faut le comprendre le mec : il bosse à l’usine le lendemain à 4h30, il doit rentrer. Il a envie de se faire remplacer, il demande à ses potes à quelle heure est le dernier métro.

Faut rester Philippe, pas le choix. On essaiera de te filer un ou deux RTT en plus.

Du coup, il a eu une petite faim et Macron passait par là.

Quelques jours plus tôt, le candidat d’En Marche avait déclaré qu’il voulait suspendre le compte pénibilité alors qu’il s’exprimait devant le Medef. Selon lui, il fallait supprimer le terme «pénibilité». «Je n’aime pas le terme donc je le supprimerai. Car il induit que le travail est une douleur», avait-t-il déclaré avant d’ajouter que «le travail, c’est l’émancipation, c’est ce qui nous donne une place».

Rappelons nous que le mec avait essayé de couper une canne à sucre à La Réunion et qu’il avait morflé.

Parce que le travail en fait, ça peut être une souffrance et provoquer de la douleur comme le lui rappelle Philippe Poutou : «Vous avez dit que le travail, c’était émancipateur. Ça se voit que vous ne connaissez pas grand chose au travail et qu’à force d’être banquier, énarque et ministre, on ne comprend pas ce qui se passe réellement. Il y a une véritable souffrance au travail et il y a une véritable pénibilité.»

Voilà, voilà !

Punchline 7, Fillon menace

Fillon, c’est le mec qui dit à des infirmières exténuées, surchargées, qu’elles vont créer de la dette s’il autorise du recrutement. La dette, la dette, la dette, sauf pour lui…

Le candidat du NPA le lui fait remarquer : «Fillon se dit préoccupé par la dette, mais il y pense moins quand il se sert dans les caisses publiques, quand il paye sa famille.»

Réplique de François Fillon : «Je vais vous foutre un procès à vous». C’est qu’il est vulgaire le François.

Des millions de vues

Ces quelques vérités seront reprises par de nombreuses pages facebooks, des blogs, des sites d’information.

Sur ThePrairie.fr, une séquence sera visionnée plus d’un million de fois en moins de 24h. Le site Topito fera un montage qui sera visualisé plus de 8 millions de fois sur la même période, Minute Buzz y est allé aussi du sien avec un succès comparable.

Ça ne vous rappelle pas Valls ?

Le lendemain de la tarte de Valls, un auditeur appelait France inter et interpellait celui qui était alors candidat à la primaire de la gauche : «la claque, on est 66 millions à vouloir te la mettre quoi. Enfin, c’était juste trop bon sans déconner, il était juste parfait le bonhomme ».

Poutou face à Fillon et Le Pen, c’est un peu l’effet que ça a fait à tous ces gens qui se sont précipités pour voir la séquence«Il fallait donc attendre Poutou pour que quelqu’un ose attaquer Le Pen de front. Rien que pour cela ce débat à 11 était crucial», twittait Raphael Glucksmann…

Une conclusion à ce débat : si les «petits» candidats avaient autant de temps de parole que ceux choisit par les sondeurs, les lignes auraient bougé depuis longtemps non ?

En tout cas, merci pour ce moment comme dirait Valérie…

Philippe Poutou - Merci pour ce moment - ThePrairie.fr !

Philippe Poutou – Merci pour ce moment – ThePrairie.fr !

 



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