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Agnès Buzyn a été ministre de la santé de Macron jusqu’au 16 février dernier. Elle avait ensuite dû démissionner pour essayer de rattraper la campagne de LREM aux municipales à Paris. Benjamin Griveaux venait de renoncer à sa candidature pour une histoire de sextape

Lors du premier tour du dimanche 15 mars 2020, elle était arrivée à la troisième place derrière Anne Hidalgo et Rachida Dati. 

Municipales Paris premier tour

Municipales Paris premier tour

Devant nous le tsunami

Quelques jours après, elle allait provoquer un tollé au sein de la majorité présidentielle. Selon elle, ces élections municipales étaient «une mascarade» au regard de l’épidémie de coronavirus. Elle ajoutait avoir prévenu Macron et le Premier ministre Edouard Philippe et demandé un report du premier tour.

En quittant le ministère, elle pleurait, dit-elle, car elle «savait que la vague du tsunami était devant nous». «Je suis partie en sachant que les élections n’auraient pas lieu (…) Le 11 janvier, j’ai envoyé un message au président sur la situation. Le 30 janvier, j’ai averti Édouard Philippe que les élections ne pourraient sans doute pas se tenir».

La dernière semaine de sa campagne aurait même été «un cauchemar» car elle avait «peur à chaque meeting».

Sauf que quand Agnès Buzyn fait ces déclarations, elle est sous le coup d’une défaite aux municipales. Selon un de ses proches, elle «craquait psychologiquement». 

Réactions au sein de LREM

La réaction des élus LREM ne s’est bien sûr pas fait attendre. Selon l’AFP, une «source parlementaire» aurait fustigé «des propos irresponsables» ajoutant ensuite qu’Agnès Buzyn «devra en répondre en temps voulu».

Un ministre déclarait : «Vous voulez que je vous dise ? C’est lunaire et pathétique. Ça me rend dingue», un autre «qu’elle part en vrille» et qu’il est «un peu étonné» parce qu’il n’a pas vu ça : «elle n’a jamais dit ça en conseil des ministres. Elle se contredit, en plus». 

Edouard Philippe était quant à lui «furieux».

Macron, agacé, déclarait quelques jours plus tard le 20 mars qu’il félicitait «toutes celles et ceux qui avaient prévu tous les éléments de la crise, une fois qu’elle a eu lieu», une violent pique, lancée notamment à son ex-ministre de la Santé.

Et finalement, Macron confirme…

Dans une interview de ce 15 avril au Point, Macron explique finalement qu’il n’y a pas de polémique avec Agnès Buzyn. Selon lui, elle «voit tout de suite le risque, car elle a une expertise sur le sujet», en janvier donc…

Il poursuit : «la ministre de la Santé prévient que ça peut mal évoluer, en effet. Elle dit qu’il faut faire attention. Elle prend donc des décisions très rapidement. Elle commande, avec le directeur général de la Santé (DGS), Jérôme Salomon, du matériel à Santé publique France et elle active les agences régionales de santé. Le dispositif sanitaire de crise s’organise et réagit comme il se doit».

On est donc loin des premières réactions des membres de LREM. 

Sur la question des municipales, Macron affirme avoir eu peur qu’on lui reproche «une manipulation» s’il avait décidé de les reporter. «Quand la défiance s’installe, elle est irrémédiable», ajoute-t-il…

Macron - Buzyn

Macron – Buzyn

Donc si on résume, Agnès Buzyn a prévenu l’exécutif en janvier, mi-janvier même, qu’arrivait quelque chose qui sera sans précédent.

Nous sommes le 16 avril, et la France :

  • commande toujours des masques,
  • propose toujours des sacs poubelles aux soignants pour se protéger,
  • ne peut toujours pas tester la population.

«Quand la défiance s’installe, elle est irrémédiable».

On confirme.



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