Share on FacebookTweet about this on TwitterEmail this to someoneShare on Google+Share on LinkedIn

Hier, Macron a donc annoncé une réouverture des écoles à partir du 11 mai, « nous rouvrirons progressivement les crèches, les écoles, les collèges et les lycées » a t-il déclaré. Cependant, les restaurants, les cafés et autres lieux de rassemblement seront maintenus fermés.

Cette décision a provoqué un tollé au sein de la société, que ce soit chez les parents d’élèves ou dans le corps enseignant.

Plusieurs questions se posent

1. Les enfants porteurs du virus sont asymptomatique mais très contagieux. C’est le discours qui est tenu par les experts depuis le début de l’épidémie. Où est donc la logique dans le fait de les renvoyer à l’école pour qu’ils ramènent le virus à la maison sachant qu’il est très difficile de faire respecter à des enfants la distanciation sociale ?

Les soignants n’ont toujours pas de matériel comme le reconnait lui même Macron : « nous n’avons pas pu distribuer autant de masques que nous l’aurions voulu pour nos soignants ».

Mais les écoles, collèges et lycées pourraient être prêts à recevoir du public avec des conditions de sécurité optimales d’ici le 11 mai ? 

2. Les enfants ont été les premiers à être confinés pour la raison évoquée au point 1. Ils sont contagieux et asymptomatiques. Pourtant on souhaite les faire sortir en premier. Là encore, quelle est la logique ? 

3. Dans le même discours, Macron annonce que « les lieux rassemblant du public, restaurants, cafés et hôtels, cinémas, théâtres, salles de spectacles et musées, resteront en revanche fermés à ce stade ».

Par contre des enfants, collégiens et lycéens,  les uns surs les autres sans distanciation sociale dans des classes, ça ne poserait donc pas de problème!

4. L’Organisation mondiale de la santé préconise depuis des semaines de tester au maximum. Pourtant en France, ce n’est qu’à partir du 11 mai qu’on commencera véritablement à tester massivement, du moins nous l’espérons.

Rappelons le scandale des tests en France. Des laboratoires en capacité de faire 150 000 à 300 000 tests par semaine ont demandé à participer. Il aura fallu un mois pour qu’ils obtiennent l’autorisation.

Et qui va t-on tester ? Les personnes qui sont déjà malades.

Et comme elles sont… malades, on les testera pour savoir si elles sont bien malades, pour ensuite les renvoyer à la maison avec des gens qu’elles auront contaminé avant d’être testée et qui eux aussi devront à leur tour aller se faire tester quelques jours plus tard quand les symptômes apparaîtront.

On tourne en rond…

L’OMS rappelle par ailleurs que « le dépistage précoce, le test, l’isolement et le traitement de chaque cas et le suivi de chaque contact sont essentiels pour arrêter la transmission » et donc, non, il ne faut pas attendre que les symptômes se manifestent.

5. « Pour leur protection, nous demanderons aux personnes les plus vulnérables, aux personnes âgées, en situation de handicap sévère, aux personnes atteintes de maladies chroniques, de rester même après le 11 mai confinées », a aussi annoncé Macron. Selon Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, il faudrait même aller jusque la fin de l’année 2020 car « c’est une question de vie ou de mort ».

Nous parlons donc de potentiellement isoler des personnes âgées pendant encore des mois, des personnes âgées qui seront seules, sans visites, sans lien social parce qu’on ne veut toujours pas tester les gens asymptomatiques qui pourraient alors leur rendre visite en cas de test négatif. 

7. Selon Macron, à partir du 11 mai, les français pourront avoir des « masques grand public » qui seront donc portés par les parents pour emmener leurs enfants à l’école, qui seront portés par ces mêmes enfants, collégiens et lycéens. On ne sait pas ce qu’est un « masque grand public », trois sopalins pliés à se poser sur la bouche ?

La production de masques a été multiplié par 5 en France depuis le début de la crise, a t-il déclaré pour nous convaincre des efforts effectués. Sauf que la production de masques était tellement faible en France avant la crise que nous dire qu’elle a été multipliée par cinq ne signifie pas grand chose. Zéro multiplié par cinq, ça fait toujours zéro

8. « C’est pour cela que le confinement le plus strict doit encore se poursuivre jusqu’au lundi 11 mai » a-t-il ensuite poursuivi.

Mais les images des parcs parisiens avec le retour du beau temps ne vont pas vraiment dans le sens d’un confinement strict avec notamment ces nombreux joggers ou ces gens qui ont des postes « non essentiels » dans le cadre de cette crise et qui doivent quand même emprunter le métro tous les jours…

Et donc à partir du 11 mai s’y ajouteraient des millions d’écoliers, collégiens et lycéens… 

Ecoles

Des parents qui refusent que leurs enfants soient mis en danger

Face à ces nombreuses incohérences, beaucoup de parents refusent d’envoyer leurs enfants à l’écoles le 11 mai avec à chaque fois la mise en avant du risque qui serait pris.

Clarisse, enseignante, propose à Macron et au Premier ministre Edouard Philippe d’assister à son cours de reprise le 11 mai dans une salle certes petite mais où tout le monde se serrera pour les accueillir…

 

Les syndicats vent debout

La fédération SUD éducation réclame des mesures strictes pour la réouverture des établissements scolaires comme « les dépistages systématiques et réguliers des personnels et des élèves (et non uniquement des cas symptomatiques) » ou « la mise à disposition du matériel de protection nécessaire pour tous les personnels et les élèves (masques, gels hydro-alcooliques) » et « la désinfection régulière des locaux ».

Quand on sait qu’en temps normal, ces établissements manquent même de savon dans les toilettes

Il ajoute par ailleurs que le droit de retrait des enseignants en cas de manquement à leur sécurité et celle des élèves se posera.

Le président de la Fédération des médecins de France Jean-Paul Hamon estime de son côté que « la réouverture progressive des crèches, des écoles et des lycées le 11 mai, ça fait courir un risque inutile ».

Les ministres  rament pour expliquer la décision

Le ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer doit préciser ce matin sur France 2 que ce retour à l’école ne « sera pas obligatoire le 11 mai ». « Il va y avoir là aussi beaucoup d’aménagements c’est évident », insiste-t-il avant de poursuivre « l’objectif c’est qu’entre le 11 mai et le 4 juillet, nous ayons réussi cette resocialisation (…) qui permette de se remettre dans l’apprentissage ».

Le ministre de l’intérieur Christophe Castaner était quant à lui sur France inter et il a évoqué un « horizon » : « l’horizon du 11 mai pour entamer un déconfinement progressif est une date à « conquérir par le respect du confinement ». Il s’agit selon lui d’une « date d’objectif ».

L’horizon, cette ligne imaginaire qui recule au fur et à mesure qu’on s’en approche…

Le Premier ministre Edouard Philippe a tweeté que « le plan complet de sortie du confinement évoqué hier par le président de la République doit être travaillé en consultation avec beaucoup d’acteurs pour être véritablement à la hauteur des enjeux ».

On aurait presque l’impression que les ministres ont découvert le discours du Président et ses annonces au 20h…

Le MEDEF à la manœuvre

De nombreuses personnes voient dans cette annonce de Macron la volonté du MEDEF de toucher aux acquis sociaux après la crise. Son président Geoffroy Roux de Bézieux déclarait dans une interview au Figaro, publiée vendredi 10 avril, que les français devaient s’attendre à travailler « un peu plus ». Et ce, en supprimant des jours fériés, en allongeant le temps de travail ou en jouant sur les congés payés.

Renvoyer les enfants à l’école serait une façon de remettre leurs parents au travail…

 

Ce mardi, il a rétropédalé et déclaré que le débat était clos…

Pour l’instant ?

 



Vous êtes maintenant plus de 70 000 à nous suivre sur notre page facebook ThePrairie.fr.
Nous en sommes fier et vous remercions de votre fidélité.
Nous avons lancé une page Tipee pour que vous puissiez nous aider à développer ce média indépendant et donc si vous souhaitez y contribuer, vous pouvez faire un don sur tipeee.com/theprairiefr/


Retrouvez la prairie sur fb/ThePrairie.fr et @ThePrairieFr


N’hésitez pas à partager l’article avec les boutons ci-dessous

Share on FacebookTweet about this on TwitterEmail this to someoneShare on Google+Share on LinkedIn